La Cardère et maladie de lyme
« Si tu ne viens pas à la Cardère, c’est la Cardère qui viendra à toi ! »
J’ai souhaité, non sans raison, détourner volontairement la célèbre citation « Si tu ne viens pas à Lagardère, c’est Lagardère qui viendra à toi » ! D’une certaine manière c’est exactement ce qui s’est passé dans mon cas. Au début j’ai commencé à traiter ma maladie de Lyme avec les traitements « standards » à base d’antibiotiques. Pour, par la suite aller vers des traitements alternatifs moins évidents comme l’ozonothérapie ou encore la thérapie via des fréquences électriques. Vint ensuite le tour des traitements naturels pour soigner Lyme. J’ai donc découvert la Cardère un peu en bout de course après l’achat d’un énième livre sur la maladie de Lyme.
La Cardère contre la maladie de Lyme ?
En réalité, c’est un peu la raison de cet article. J’en ai entendu parler en furetant sur Internet notamment sur des forums Anglophones. J’ai pu voir aussi des allusions sur de rares forums francophones traitant de Lyme. Et pour aller plus loin j’ai décidé de commander le livre de Wolf Dieter Storl (« Guérir naturellement la maladie de Lyme ») qui traite principalement de la Cardère et de la thérapie par la chaleur. Ce n’est d’ailleurs pas le seul auteur à en parler puisque Willem Jacob en parle également dans son excellent livre sur « une approche pratique de la maladie de Lyme ». Mais ce n’était pas assez pour me lancer. Je crois que ma décision à été prise lors des recherches sur le protocole de Stephen Harrod Bhuner, un éminent herboriste américain. Il propose un protocole pour soigner Lyme avec entre autre la Cardère et la Renouée du Japon. Son livre « Healing Lyme « (malheureusement non traduit en français) est une bible des plantes pour traiter la Maladie de Lyme. J’ai voulu par cet article faciliter les recherches et raccourcir le chemin vers cette plante pour les malades en recherche de réponses, comme je l’ai été (et le suis encore).
Aujourd’hui, avec davantage de recul et quelques travaux scientifiques supplémentaires disponibles, il est intéressant de compléter cette approche.
La Cardère : définition et action

Vous l’aurez compris, la Cardère (Dipsacus fullonum L.) est une plante bisannuelle de la famille des Dipsacacées, particulièrement connue dans certaines approches phytothérapeutiques de la maladie de Lyme.
Elle est facilement reconnaissable à son port élancé et à ses capitules couverts de petites bractées rigides. Elle pousse notamment dans les prairies, les friches, les bords de chemins et les terrains relativement ouverts.
On rencontre également dans la littérature le nom Dipsacus sylvestris. Il s’agit d’un ancien nom botanique utilisé pour désigner la cardère sauvage, désormais généralement rattachée à Dipsacus fullonum.
Dans le contexte de la maladie de Lyme, c’est surtout la racine de cardère qui est évoquée dans les ouvrages et préparations artisanales, notamment sous forme de teinture.
La plante contient différentes familles de composés, notamment des iridoïdes, des composés phénoliques et des flavonoïdes. Des analyses de laboratoire ont identifié plusieurs iridoïdes dans les feuilles et les racines de Dipsacus fullonum, parmi lesquels l’acide loganique, le loganin, le sweroside, le cantleyoside et le sylvestroside III.
On utilise donc ses racines (de préférence bio et les plus fraîches possible) pour préparer la teinture mère de Cardère. Les auteurs insistent sur l’importance de la fraîcheur des racines pour un effet optimal. Son action ne se limite pas uniquement à son effet antibactérien (anti-spirochète en l’occurrence) puisqu’elle est aussi intéressante pour renforcer le système immunitaire. La Cardère est également parfaite pour la stimulation et le soutien des organes d’élimination que sont le foie et les reins. Certainement une plante à connaître concernant Lyme au côté de la renouée du Japon. Cependant, par prudence, il est préférable de rester attentif à toute aggravation ou apparition de nouveaux symptômes lors de l’utilisation de la cardère. Dans certaines approches de la maladie de Lyme, ces manifestations peuvent être interprétées comme une réaction d’Herxheimer. En début de traitement, les symptômes peuvent augmenter mais vous le savez, c’est le cas pour tous les types de traitements.
Ce que dit la science sur la Cardère
Contrairement à beaucoup de plantes du protocole Buhner, la Cardère (Dipsacus) a longtemps reposé quasi exclusivement sur des témoignages et l’expérience clinique de praticiens comme Wolf-Dieter Storl, sans données de laboratoire pour l’étayer. Ça a changé ces dernières années : plusieurs équipes de recherche se sont penchées sur ses composés actifs, avec des résultats plutôt encourageants.
Une étude publiée en 2022 a testé un extrait de feuilles de Dipsacus fullonum directement sur des cultures de Borrelia burgdorferi en phase stationnaire (la forme la plus résistante et la plus difficile à éliminer de la bactérie). Résultat : l’extrait a réduit la viabilité des bactéries à moins de 20%, un effet notable. Les chercheurs ont ensuite isolé les composés responsables de cette activité : des iridoïdes glycosidiques, en particulier la sylvestroside III et IV, qui se sont révélés à la fois efficaces contre Borrelia et nettement moins toxiques pour les cellules saines que l’extrait brut de départ.
Un point de nuance important, dans un souci de transparence : cette étude a été menée sur un extrait de feuilles, alors que l’usage traditionnel (et celui popularisé par Storl) porte sur la racine. En médecine traditionnelle chinoise, la racine de Dipsacus (« Xu Duan ») est utilisée depuis des siècles, principalement pour ses propriétés anti-inflammatoires. Une revue scientifique publiée en 2023 souligne d’ailleurs que malgré cet usage ancien et la richesse de ses composés bioactifs (iridoïdes, saponines triterpéniques, polysaccharides), seules des études précliniques sont disponibles à ce jour — aucun essai clinique chez l’humain n’a encore été mené spécifiquement sur la maladie de Lyme. Autrement dit : les mécanismes d’action commencent à être bien documentés en laboratoire, mais la Cardère reste, à ce stade, un remède traditionnel appuyé par des indices scientifiques préliminaires plutôt qu’un traitement validé cliniquement.
Les propriétés de la cardère
La cardère possède une longue histoire d’utilisation traditionnelle et fait aujourd’hui encore l’objet de recherches en phytochimie et pharmacologie.
Les publications consacrées au genre Dipsacus décrivent notamment la présence de triterpénoïdes, iridoïdes, acides phénoliques, flavonoïdes et huiles essentielles, avec différentes activités biologiques observées selon les espèces et les extraits étudiés. Une étude consacrée spécifiquement aux racines et aux feuilles de Dipsacus fullonum a notamment retrouvé une activité antibactérienne de certains extraits ainsi qu’une activité antioxydante, avec des différences importantes entre les feuilles et les racines.
Parmi les propriétés traditionnellement ou expérimentalement associées à la cardère, on retrouve notamment :
1. Activité anti-Borrelia — données précliniques et empirique
C’est évidemment la propriété la plus intéressante dans le cadre de Lyme. Des travaux in vitro sur des extraits de Dipsacus fullonum ont montré une activité contre Borrelia burgdorferi, notamment sur des bactéries en phase stationnaire. Certains iridoïdes, notamment les sylvestrosides III et IV, ont été identifiés parmi les composés intéressants.
Mais il faut bien préciser que ces résultats proviennent d’études en laboratoire, et ne démontrent pas que la cardère traite la maladie de Lyme chez l’être humain. Cela présente du sens si on prend en compte le savoir empirique sur cette plante et de sa place dans certains protocoles naturels de Lyme.
2. Activité antioxydante
Les feuilles de Dipsacus fullonum contiennent différents composés phénoliques, notamment des flavonoïdes et des acides phénoliques. Des extraits de feuilles ont montré une activité antioxydante dans des tests de laboratoire.
3. Activité anti-inflammatoire
Activité anti-inflammatoire potentielle, liée notamment à certains composés présents dans la plante, comme les iridoïdes. Des propriétés anti-inflammatoires ont été décrites expérimentalement pour certains composés de Dipsacus, mais les données disponibles ne permettent pas encore de transposer directement ces résultats à un effet thérapeutique de la cardère chez l’être humain.
4. Activité antibactérienne
Plusieurs espèces du genre Dipsacus, dont D. fullonum, ont fait l’objet de recherches sur leurs propriétés antimicrobiennes. L’activité dépend toutefois beaucoup de l’espèce, de la partie de la plante et du type d’extrait utilisé.
5. Richesse en iridoïdes et polyphénols
C’est plutôt une caractéristique phytochimique qu’une propriété thérapeutique, mais elle mérite d’être mentionnée. Les racines et les feuilles contiennent notamment de l’acide loganique, du loganin, du sweroside, du cantleyoside et des sylvestrosides, ainsi que différents polyphénols. La composition varie entre les racines et les feuilles.
Et les propriétés traditionnellement attribuées ?
On trouve également dans la littérature traditionnelle et les ouvrages de phytothérapie des usages de la cardère autour de :
- l’inflammation ; la racine en médecine traditionnelle chinoise
- certains problèmes articulaires et osseux ;
- les usages cutanés ; (eczéma, acné, psoriasis)
- les fonctions d’élimination ;
- et, plus spécifiquement dans certaines approches naturelles, la maladie de Lyme.
Pourquoi la cardère est-elle associée à la maladie de Lyme ?
L’association entre la cardère et Lyme vient principalement de plusieurs sources.
D’abord, certaines traditions phytothérapeutiques utilisent différentes espèces de Dipsacus pour leurs propriétés médicinales.
Ensuite, des auteurs spécialisés dans les approches naturelles de Lyme, comme Wolf-Dieter Storl et Stephen Harrod Buhner, ont intégré ou décrit la cardère dans leurs réflexions sur l’utilisation des plantes.
Enfin, les travaux de laboratoire sur Dipsacus fullonum ont apporté une donnée supplémentaire : certains extraits et composés de la plante montrent effectivement une activité contre Borrelia dans des modèles expérimentaux.
Cela permet donc de comprendre pourquoi cette plante occupe une place particulière dans certaines approches phytothérapeutiques de Lyme.
Comment prendre la Cardère ?
Pour éviter des réactions trop fortes et une recrudescence des symptômes en début de traitement, il est primordial d’y aller progressivement en augmentant graduellement les prises. La racine de cardère peut se faire en tisane, en décoction, ou en teinture mère (plus concentrée). Il me semble qu’il est plus efficace d’utiliser la teinture mère mais je ne saurai m’avancer plus. Chacun verra à sa convenance et surtout tolérance. Concernant les temps de prises, 3 fois par jour à jeun (avant les repas) semble être la panacée pour Wolf-Dieter Storl ou Willem Jacob.
Cardère : quelle forme choisir ?
On retrouve principalement plusieurs formes de préparation :
La tisane ou décoction
La racine peut être utilisée sous forme de préparation aqueuse. Cette forme correspond davantage à un usage traditionnel, mais la quantité réelle de composés actifs extraite peut varier selon la plante, la partie utilisée, la température, le temps de préparation et la qualité de la matière première.
La teinture mère
La teinture de cardère est probablement la forme la plus souvent recherchée par les personnes qui s’intéressent à la cardère dans le contexte de Lyme. Elle présente l’avantage d’être plus concentrée qu’une infusion, mais cela signifie également qu’il faut davantage tenir compte de la concentration du produit. Deux teintures portant le même nom ne sont donc pas forcément équivalentes.
La plante fraîche
Certains auteurs accordent une importance particulière à l’utilisation de racines fraîches. Cette notion est notamment présente dans les approches popularisées par Wolf-Dieter Storl. Elle doit cependant être distinguée d’une donnée scientifique démontrant qu’une racine fraîche serait systématiquement plus efficace chez les personnes atteintes de Lyme.
Utilisation et Dosage de la Cardère
Pour ce qui est des quantités et la durée de prise, c’est à voir avec votre thérapeute ou médecin. Cela dépend fortement de nombreux facteurs liés à la teinture mère, notamment de sa qualité, et surtout de sa concentration. Mais aussi de facteurs intrinsèquement liés à vous-même, votre état, votre poids, votre âge, votre sexe, votre sensibilité aux traitements, depuis quand vous êtes malade… Bref, toutes les choses qui pourraient avoir un impact sur les dosages. Votre réaction à la plante sera très importante puisque c’est elle qui conditionnera vos prochaines semaines, mois ou années… Le meilleur des conseils que je puisse vous donner est de prendre votre temps et d’y aller avec des pincettes.
La prise en tisane peut donner l’impression d’être relativement douce et anodine mais attention l’action produite est réelle ! Mieux vaut commencer par des petites quantités et adapter au fur et à mesure. D’autre part, il faut toujours prendre en compte que ces remèdes nécessitent d’être pris dans la durée pour commencer à être efficaces.
Par exemple, vous pouvez ressentir les premiers effets d’une prise de Cardère au bout d’une dizaine de jours ou dès la première semaine. Si vous avez trop d’effets secondaires auparavant, faites une pause le temps d’éliminer les toxines. La bactérie à la particularité de se diviser très lentement, avec seulement 1 à 2 divisions par 24H. Vous avez donc le temps. Pour rappel, une réaction d’Herxheimer n’est pas à prendre à la légère et peut avoir de graves conséquences.
Où se procurer la teinture mère de Cardère Bio ?
Voici une Cardère préparée selon la méthode de Wolf-Dieter Storl, l’auteur du livre « Guérir naturellement la maladie de Lyme » :
Si vous recherchez aujourd’hui une teinture de cardère, je vous conseille surtout de vérifier :
- le nom botanique exact de la plante ;
- la partie utilisée ;
- l’origine de la plante ;
- la méthode d’extraction ;
- la concentration de la préparation ;
- la présence éventuelle d’un certificat ou d’informations de traçabilité ;
- et les recommandations d’utilisation du fabricant.
Le terme « cardère » ne suffit pas toujours à identifier précisément l’espèce ou la préparation utilisée.
Bon courage dans vos recherches et dans vos traitements !
Quelques lectures sur la cardère et Lyme
Pour aller plus loin, plusieurs références sont particulièrement intéressantes :
- les travaux consacrés aux extraits de Dipsacus fullonum et à leur activité anti-Borrelia ;
- les recherches sur les iridoïdes et les composés phénoliques de la plante ;
- les ouvrages de Wolf-Dieter Storl consacrés aux approches naturelles de Lyme ;
- les travaux de Stephen Harrod Buhner sur la phytothérapie de Lyme.
FAQ — Cardère et maladie de Lyme
FAQ
La cardère (Dipsacus fullonum) est utilisée dans certaines approches de phytothérapie de Lyme, notamment sous forme de préparation à base de racine. Des études de laboratoire ont également montré une activité de certains extraits de Dipsacus fullonum contre Borrelia burgdorferi. Pour mieux comprendre la place de la phytothérapie dans les approches naturelles de Lyme, vous pouvez également consulter notre article sur les traitements naturels de la maladie de Lyme.
Dans les approches traditionnelles et les ouvrages consacrés à l’utilisation de la cardère pour Lyme, c’est principalement la racine qui est utilisée, notamment pour préparer une teinture. La littérature scientifique a toutefois étudié différentes parties de la plante. L’étude de 2022 consacrée à l’activité anti-Borrelia de Dipsacus fullonum portait notamment sur un extrait de feuilles. Il est donc important de ne pas confondre les résultats obtenus avec les feuilles et l’utilisation traditionnelle de la racine.
Les recherches disponibles sont principalement réalisées en laboratoire. Une étude publiée en 2022 a notamment montré qu’un extrait de feuilles de Dipsacus fullonum pouvait réduire fortement la viabilité de Borrelia burgdorferi en phase stationnaire. Des fractions riches en iridoïdes, contenant notamment les sylvestrosides III et IV, ont également été étudiées. Ces résultats sont intéressants pour la recherche sur les composés de la cardère, mais ils ne constituent pas une preuve d’efficacité clinique chez l’être humain. La cardère n’est d’ailleurs pas la seule plante étudiée dans les approches phytothérapeutiques de Lyme : la Renouée du Japon et les plantes utilisées dans le protocole Buhner font également l’objet de recherches et d’usages spécifiques.
Dipsacus fullonum est aujourd’hui le nom botanique généralement utilisé pour désigner la cardère sauvage. Dipsacus sylvestris est un ancien nom que l’on retrouve encore dans certains ouvrages et documents consacrés à la plante. Les deux appellations peuvent donc désigner la même cardère dans la littérature, même si la nomenclature botanique a évolué. Lors de l’achat d’une préparation, il reste préférable de vérifier le nom botanique indiqué sur le produit.
La cardère peut être utilisée sous différentes formes, notamment teinture, tisane ou décoction de racine. La teinture est particulièrement présente dans les approches phytothérapeutiques consacrées à Lyme, mais sa concentration dépend de la préparation utilisée. Une tisane ou une décoction correspond davantage à une préparation aqueuse traditionnelle.
Si vous vous intéressez plus largement aux différentes plantes utilisées dans la phytothérapie de Lyme, notre page consacrée à la phytothérapie et à la maladie de Lyme permet de replacer la cardère dans cet ensemble d’approches.
Il n’existe cependant pas de forme ni de dosage validés cliniquement pour traiter la maladie de Lyme. Le choix dépend donc notamment de la préparation, de sa concentration, de la manière dont elle est utilisée et du protocole suivi.
Sources
- Saar-Reismaa P. et al., Extraction and Fractionation of Bioactives from Dipsacus fullonum L. Leaves and Evaluation of Their Anti-Borrelia Activity, Pharmaceuticals, 2022.
- Saar-Reismaa P. et al., Roots and Leaf Extracts of Dipsacus fullonum L. and Their Biological Activities, Plants, 2020.
- Dipsacus and Scabiosa Species — The Source of Specialized Metabolites with High Biological Relevance: A Review, Molecules, 2023.
- The anti-borreliae efficacy of phytochemicals and micronutrients: an update, revue de la littérature sur les substances étudiées contre Borrelia.
Important : les informations de cet article sont destinées à l’information générale. Elles ne remplacent ni une consultation médicale, ni un diagnostic, ni un traitement prescrit par un professionnel de santé.

Moi, c’est Greg le mec qui a créé SociaLyme. Je partage avec vous mon expérience de malade à travers des articles et des conseils sur les maladies chroniques et la santé au naturel. Mon objectif ? Tout simplement vous offrir des pistes pour mieux vivre la maladie au quotidien.










