Stephania tetrandra

Stephania Tetrandra


La Stephania tetrandra, connue en médecine traditionnelle chinoise sous le nom de Han Fang Ji, est une liane grimpante de la famille des Menispermaceae, originaire des régions montagneuses du sud-est de la Chine. Sa racine, utilisée depuis des siècles dans la pharmacopée chinoise, est traditionnellement employée pour traiter les rhumatismes, les œdèmes, l’hypertension et les troubles inflammatoires articulaires[1].

C’est une plante à la fois précieuse et délicate à manier : précieuse par la richesse de ses propriétés pharmacologiques, mais délicate car son histoire est marquée par un incident sanitaire majeur lié à sa confusion avec une autre plante toxique — un point sur lequel nous reviendrons en détail plus bas, car il est essentiel à connaître avant tout achat.


Composition


Les propriétés de la Stephania tetrandra reposent principalement sur ses alcaloïdes bisbenzylisoquinoléiques, une famille de composés que l’on retrouve presque exclusivement dans cette plante :

  • La tétrandrine, l’alcaloïde le plus étudié, à l’origine de la majorité des effets anti-inflammatoires, antifibrotiques et neuroprotecteurs de la plante [2]
  • La fangchinoline, un alcaloïde apparenté, qui partage une grande partie des propriétés de la tétrandrine, notamment sur le plan anti-inflammatoire et rénal [3]
  • La coclaurine, un autre alcaloïde identifié plus récemment pour ses propriétés spécifiques, notamment en recherche oncologique [4]

C’est cette combinaison d’alcaloïdes qui explique le très large spectre d’action de la plante en recherche : anti-inflammatoire, antifibrotique, neuroprotecteur, analgésique, et même des pistes explorées en cardiologie et en oncologie [2,5]


Stephania Tetrandra, maladies chroniques et Lyme


La Stephania tetrandra occupe une place particulière parmi les plantes utilisées en accompagnement de la maladie de Lyme, notamment pour son action ciblée sur le système nerveux. On la retrouve dans deux approches naturopathiques reconnues : le protocole Buhner et le protocole Cowden.

Dans le protocole Buhner

Dans son livre de référence Healing Lyme, Stephen Buhner recommande la Stephania tetrandra en priorité pour la neuroborréliose — l’atteinte neurologique de la maladie de Lyme — ainsi que pour plusieurs manifestations spécifiques :

  • Paralysie de Bell : 1 cuillère à café de teinture, 3 fois par jour
  • Neuroborréliose : ½ cuillère à café de teinture, 3 fois par jour
  • Arthrite de Lyme : ½ cuillère à café de teinture, 3 fois par jour
  • Borréliose oculaire : ½ cuillère à café de teinture, 3 fois par jour, associée à un bain oculaire à base de la décoction [6]

Comme pour le Gou Teng, Buhner insiste sur l’importance de la qualité et de la concentration de la teinture utilisée — un point sur lequel nous reviendrons dans la partie contre-indications, tant il est crucial pour cette plante en particulier.

Dans le protocole Cowden

Le protocole Cowden (aujourd’hui commercialisé sous le nom Cowden+ Support Program par le laboratoire NutraMedix), développé par le Dr William Lee Cowden, est un programme de soutien de plusieurs mois, structuré en rotations mensuelles de formules botaniques ciblant les infections à Borrelia et l’inflammation systémique associée[7]. La Stephania tetrandra y est incluse pour son action anti-neuroborréliose, son effet anti-inflammatoire et analgésique sur les douleurs articulaires de l’arthrite de Lyme, ainsi que pour ses propriétés antifibrotiques et décongestionnantes qui aident à limiter les œdèmes[1,7].

Contrairement au protocole Buhner qui donne des dosages précis par symptôme, le protocole Cowden se dose en gouttes, selon un barème standardisé par NutraMedix : la posologie de référence est calculée pour un adulte de 55 à 77 kg, avec un ajustement à un quart de dose par tranche de 13,5 kg pour les enfants de 4 ans et plus [7]. Le dosage exact de Stephania tetrandra varie selon le mois du protocole suivi ; mieux vaut se référer au guide officiel du programme ou à l’accompagnement d’un thérapeute formé pour l’appliquer correctement.

Un lien particulier avec la neuroborréliose

Ce qui distingue vraiment la Stephania tetrandra des autres plantes du protocole, c’est son action documentée sur le système nerveux central. Ses alcaloïdes, en particulier la tétrandrine, ont montré une activité inhibitrice sur l’acétylcholinestérase, une enzyme impliquée dans la régulation des neurotransmetteurs — un mécanisme actuellement étudié dans le contexte des maladies neurodégénératives, mais qui éclaire aussi son usage traditionnel dans les atteintes neurologiques comme la neuroborréliose ou la paralysie de Bell [8].

Les bienfaits de la Stephania Tetrandra


  1. Action anti-neuroborréliose : elle aide à protéger le système nerveux central contre l’inflammation associée à la maladie de Lyme [1,8]
  2. Puissant anti-inflammatoire et analgésique : elle soulage les douleurs articulaires et musculaires, y compris dans le cadre de l’arthrite de Lyme, via l’inhibition de la production d’interleukine-6 [3,9]
  3. Effet antifibrotique et décongestionnant : elle limite l’accumulation de fluides (œdèmes) et protège les tissus contre la fibrose [2,9]
  4. Modulation immunitaire : elle régule la réponse immunitaire, un mécanisme étudié pour éviter les réactions disproportionnées face à une infection chronique [3]
  5. Relaxant musculaire doux, en particulier sur les muscles lisses [1]
  6. Pistes de recherche en néphroprotection, notamment en association avec l’Astragale dans la médecine chinoise, pour soutenir la fonction rénale [10]

Où trouver de la Stephania Tetrandra ?


La Stephania tetrandra se trouve principalement en poudre de racine (formats 100g, 250g, 500g), en racine coupée, ou en teinture. LymeHerbs reste l’une des références les plus complètes pour se la procurer dans le cadre du protocole Buhner, avec un point de traçabilité qui mérite d’être souligné : leurs poudres sont produites par Mayway Corp (marque Prune Fleur®), une entreprise familiale spécialisée dans l’importation de médecine traditionnelle chinoise depuis 1969, certifiée Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF), avec des produits garantis sans dioxyde de soufre.

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Cette traçabilité n’est pas un détail marketing : c’est un critère de sécurité absolument central pour cette plante précise, comme vous allez le comprendre dans la partie suivante.

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Des Contre-indications ? Un point de vigilance essentiel


C’est le point le plus important de cet article. La Stephania tetrandra a été impliquée, dans les années 1990, dans l’un des incidents sanitaires les plus graves jamais documentés autour d’une plante médicinale : la néphropathie aux acides aristolochiques, autrefois appelée « néphropathie aux herbes chinoises ».

Ce qui s’est passé : en Belgique, plus d’une centaine de patientes suivant une cure minceur à base de plantes chinoises ont développé une insuffisance rénale sévère, progressant rapidement vers une insuffisance rénale terminale, avec un risque accru de cancer des voies urinaires. L’enquête a révélé que la cause n’était pas la Stephania tetrandra elle-même, mais une substitution accidentelle par l’Aristolochia fangchi, une plante totalement différente mais toxique, contenant des acides aristolochiques classés cancérigènes et néphrotoxiques [11,12].

Pourquoi cette confusion a-t-elle eu lieu ? Les deux plantes partagent le même nom courant en pinyin, « Fang Ji » (Han Fang Ji pour la Stephania tetrandra, Guang Fang Ji pour l’Aristolochia fangchi), ce qui a conduit certains fournisseurs à les utiliser indifféremment, sans distinction botanique rigoureuse [11,13]. Une analyse de plusieurs lots vendus sous le nom de Stephania tetrandra en Belgique à cette époque a montré qu’une majorité d’entre eux ne contenaient en réalité aucune trace de tétrandrine, mais uniquement des acides aristolochiques [14].

Ce que ça signifie concrètement pour vous :

  • N’achetez jamais de Stephania tetrandra auprès d’un fournisseur qui ne peut pas garantir l’identification botanique précise de la plante (idéalement via des méthodes analytiques type HPLC ou imagerie hyperspectrale, qui permettent aujourd’hui de distinguer fiablement les deux plantes) [15]
  • Privilégiez les fournisseurs avec une vraie traçabilité et des certifications de fabrication (voir la partie précédente)
  • Ne consommez jamais d’Aristolochia sous quelque forme que ce soit : cette famille de plantes est interdite à la vente dans de nombreux pays, dont la France, en raison de sa toxicité avérée

Autres précautions à connaître, indépendamment du risque de substitution :

  • Grossesse et allaitement : à éviter par précaution
  • Traitements néphrotoxiques ou en cas d’insuffisance rénale préexistante : un avis médical est indispensable avant toute prise
  • Anticoagulants : la tétrandrine peut interagir avec la coagulation, un point à signaler à votre médecin ou pharmacien
  • Traitements immunosuppresseurs : en raison de son effet immunomodulateur, une interaction est possible

Comme pour toute plante du protocole Buhner ou Cowden, l’accompagnement d’un thérapeute formé et l’information de votre médecin traitant restent vivement recommandés.


Sources


  1. Prune Fleur / Mayway Corp — fiches produit Stephania tetrandra, LymeHerbs
  2. History of uses, phytochemistry, pharmacological activities, quality control and toxicity of the root of Stephania tetrandra S. Moore: a review – ResearchGate
  3. Stephania tetrandra – ScienceDirect Topics
  4. Stephania tetrandra and Its Active Compound Coclaurine Sensitize NSCLC Cells to Cisplatin through EFHD2 Inhibition – PMC
  5. Transcriptome Analysis of Stephania tetrandra – PMC
  6. Buhner S., Healing Lyme, 2ᵉ édition, p.380 — cité dans une discussion communautaire, HealingWell Forums
  7. Cowden+ Support Program – NutraMedix
  8. The Cholinesterase Inhibitory Properties of Stephaniae Tetrandrae Radix – PMC
  9. Anti-inflammatory effects of Stephania tetrandra S. Moore on interleukin-6 production – PMC
  10. Metabolomic Analysis of Stephania tetrandra–Astragalus membranaceus Herbal Pair – PMC
  11. An Integrated View of Aristolochic Acid Nephropathy: Update of the Literature – PMC
  12. Aristolochic Acid and Renal Toxicity – Clinician.com
  13. Aristolochia – ScienceDirect Topics
  14. Aristolochia species and aristolochic acids – NCBI Bookshelf, IARC Monographs
  15. Differentiation between two « fang ji » herbal medicines using hyperspectral imaging – PubMed

Les autres plantes du protocole Buhner


La Stephania tetrandra se combine naturellement avec d’autres plantes du protocole selon les symptômes ciblés. Pour le volet neurologique, elle est souvent associée au Gou Teng, qui partage une action neuroprotectrice complémentaire sur la neuroborréliose. Pour l’inflammation articulaire et l’arthrite de Lyme, elle peut être combinée à la Griffe du chat ou à la Scutellaire du Baïkal, toutes deux reconnues pour leurs propriétés anti-inflammatoires. Sur le plan du soutien immunitaire et antifibrotique, le Cordyceps mycelium et l’Houttuynia cordata complètent bien son action, tandis que la Renouée du Japon reste le socle anti-spirochètes de référence du protocole.

Pour une vue d’ensemble de toutes les plantes utilisées dans le protocole :


Cet article a une visée informative et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

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