Jacques salomé lettre à mon corps

LETTRE À MON CORPS – JACQUES SALOMÉ


Un texte qui m’a heurté de plein fouet alors que je scrollais sur je ne sais quelle page. Une ode au corps mais pas à n’importe lequel. Ce corps qui nous porte, qui nous protège, qui nous aime, ce corps qui est le notre. La maladie, et encore plus quand est elle chronique, nous en fait voir de toutes les couleurs. Combien de fois ce corps a-t-il été accusé de coupable ? Désigné comme un vulgaire malfrat d’être la source de nos galères ? Parfois par le corps médical, parfois par nos camarades et d’autres fois encore par nous-mêmes. Ce qui, de toutes les raisons, est la pire des trahisons, puisque notre corps a tout autant besoin de nous que nous lui.

A toutes les fois où j’ai douté, à toutes ces fois où je ne t’ai pas compris, je te demande pardon car tu as toujours été en première ligne pour me défendre. Merci de m’avoir emmené aussi loin avec dans ma chair les traces et les stigmates de nos combats victorieux puisque nous sommes là pour en parler.

Pour toi mon ami de toujours :

« Bonjour mon corps,

C’est à toi que je veux dire aujourd’hui combien je te remercie de m’avoir accompagné si longtemps sur les chemins de ma vie.

Je ne t’ai pas accordé l’intérêt, l’affection ou plus simplement le respect que tu mérites.

Souvent, je t’ai même maltraité, matraqué de reproches violents, ignoré par des regards
indifférents, rejeté avec des silences pleins de doutes.

Tu es le compagnon dont j’ai le plus abusé, que j’ai le plus trahi. Et aujourd’hui, au mi-temps de ma vie, un peu ému, je te redécouvre avec tes cicatrices secrètes, avec tes lassitudes, avec tes émerveillements et tes possibilités.

Je me surprends, surprends à t’aimer, mon corps, avec des envies de te câliner, de te choyer ou te donner du bon. J’ai envie de te faire des cadeaux uniques, de dessiner des fleurs et des rivières sur ta peau, de t’offrir du Mozart, de te donner les rayons du soleil et de t’introduire aux rêves des étoiles. Tout cela à la fois dans l’abondance et le plaisir.

Mon corps, je te suis fidèle.

Oh, non pas malgré moi, mais dans l’acceptation profonde de ton amour.

Oui, j’ai découvert que tu m’aimais, mon corps.

Que tu prenais soins de moi, que tu respectais ma présence.

Combien de violences as-tu affrontées pour me laisser naître, pour me laisser être, pour me laisser grandir avec toi ! Combien d’accidents as-tu traversés pour me sauver la vie !

Mon corps, maintenant que je t’ai rencontré, je ne te lâcherai plus.

Nous irons jusqu’au bout de notre vie commune….

Et quoi qu’il arrive, nous vieillirons ensemble  » 

Jacques Salomé

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