Pourquoi j’ai arrêté le Gluten 

Voilà quelques années que j’ai globalement arrêté de consommer des produits à base de Gluten et j’ai pensé intéressant de vous en faire un « feed back ». Ce sera peut-être plus cohérent que ce que je vois assez régulièrement sur le net du type : « J’ai arrêté le gluten pendant 24h, c’était trop horrible » ou encore « Gluten, le régime à la mode ». Dans la plupart des cas, on ne s’attarde pas sur le fond de la réflexion qui devrait être menée sur le Gluten. Pour ma part, je souhaiterai commencer par un bref aparté sur ma vie avant la maladie chronique. A l’époque, tous mes repas de la journée étaient constitués de pain, viennoiserie, et autres produits à base de Gluten. Il m’était inconcevable d’imaginer un repas sans une tranche de pain ou une baguette. Bien évidemment, je ne m’étais jamais intéressé aux ingrédients ou constituants d’un pain, baguette, croissants ni même des pâtes. Bref, je n’étais absolument pas conscient de ce que pouvait être le Gluten. Et je suis à peu près sûr que si quelqu’un m’en avait parlé à l’époque, je l’aurai envoyé bouler avant la fin de sa phrase. Je schématise, mais on n’en serait vraiment pas loin. On ne touche pas à mon pain pardi !!! Pour info, mon grand père était boulanger…

Et le Gluten dans tout ça, c’est quoi ?

Les céréales sont composées d’un certain nombre d’éléments, des glucides principalement mais aussi des fibres, des minéraux, de l’eau et des protéines. Le Gluten est une des protéines qui fait partie d’une céréale. Pour votre gouverne, il faut savoir que pendant plus de 2,5 millions d’années l’homme s’est principalement nourri de cueillette et de chasse. En gros un mode alimentaire sans Gluten. Ce n’est qu’avec l’avènement de l’agriculture et de la domestication du Blé il y’a 10 000 ans que l’Homme a commencé à semer, récolter et consommer des céréales. Et donc du Gluten ! Cette introduction récente dans l’histoire de l’Homme n’a pas permis à nos gènes de muter et donc de s’adapter à cette protéine. Ainsi notre organisme ne possède pas suffisamment d’enzymes nécessaires pour le digérer. D’ailleurs de récentes études scientifiques font le lien entre le Gluten et l’augmentation de la perméabilité intestinales chez tous les individus (1). En d’autres termes, nous sommes tous, à un niveau plus au moins fort, sensibles au Gluten. D’autre part, Le Gluten est également ajouté comme un composant à part entière dans de nombreux aliments transformés (y compris le jambon !) pour ses propriétés « liantes ». Nous consommons aujourd’hui beaucoup plus de Gluten que nos grands-parents. Pas étonnant que nous le tolérions si mal !

Novak Djokovic, le précurseur du Gluten Free

Tout à commencé avec Novak Djokovic, le célèbre joueur de tennis. Je ne l’ai pas rencontré, mais j’ai beaucoup entendu parler de lui et notamment de sa maladie. En effet, plus jeune il s’est découvert être atteint de la malade cœliaque. La maladie cœliaque est une maladie inflammatoire des intestins qui se déclenche à la consommation du Gluten. Avec des conséquences assez terribles si on ne la détecte pas : une forte inflammation ou encore la destruction des villosités intestinales. Chez un enfant, cela peut même occasionner des retards de croissances. La seule solution pour y remédier est l’arrêt total du Gluten. Pour Novak ce fut le début de la gloire puisqu’il améliora tellement ses performances qu’il en devint plusieurs fois vainqueur de grand Chelem (15 à ce jour). Et je pense qu’il a également dû apprécier l’amélioration de ses symptômes handicapants, kilos inexpliqués, fatigue, malaises, douleurs, spasmes etc… C’est dire l’impact que peut avoir le Gluten sur la vie d’une personne. On peut dire « Merci Novak », car c’est lui qui a réussi à faire connaître au grand public les avantages d’un tel régime avec son livre « Service gagnant ».

Une puce à l’oreille

Je ne sais pas vous, mais moi ça m’a fait réfléchir et j’ai toujours gardé son histoire dans un coin de ma tête. Comme j’avais déjà un certain nombre de symptômes étranges dont la fatigue, les kilos mais surtout des douleurs abdominales, ce point méritait une attention particulière. Quelques années plus tard, j’ai finalement fait le test de dépistage de la maladie cœliaque qui consiste en une simple prise de sang et le résultat fut négatif. J’ai appris plus récemment que la seule façon d’en être sûr restait la biopsie réalisée lors d’une coloscopie. Ce n’est pas prévu au programme mais si un jour cela s’avère nécessaire je vous tiendrais au courant ! Quoiqu’il en soit, j’ai décidé d’approfondir le sujet et ne pas me limiter à la maladie cœliaque.

L’intérêt d’arrêter le Gluten s’il l’on n’est pas Cœliaque 

Pour être honnête avec vous, c’est là que ça devient intéressant ! Et oui, quel est l’intérêt d’arrêter le Gluten si l’on n’est pas atteint de la maladie Cœliaque ? En fait, la consommation quotidienne du Gluten n’est pas très répandue sur le globe et la plupart de la population mondiale n’en consomme pas. Sont-ils tous en mauvaise santé, obèse, mourant pour autant ? La réponse est non.

Un blé de mauvaise qualité 

En effet, pour commencer le blé n’est plus de si bonne qualité que celui que consommait nos ancêtres (il y’a 10 000 ans). Suite à de nombreuses modifications génétiques, l’homme a décidé de ne garder qu’une seule variété de Blé pour faciliter les récoltes. Manque de chance à force de modification génétique, le blé moderne contient des quantités de protéines que le corps humain n’est pas capable d’assimiler et contient bien plus de Gluten que les blés plus anciens. D’autre part, le Blé est très chargé en pesticides, ce qui, à part si vous êtes adepte de pesticides (il y en a apparemment), n’est pas bon pour votre santé. Que vous soyez malade chronique ou en devenir. En France, les blés durs (pour les semoules) et tendres (pour la farine) représentent 47% de la consommation totale de pesticides ! (2)

Le Gluten, une colle sur vos intestins

Le Gluten a une particularité qui nécessite d’être développée ici. En effet, il agit comme un liant ou une forme de colle d’où son intérêt dans la confection des produits boulangers et produits transformés. Sans Gluten, difficile de faire du bon pain ou une bonne baguette. Manque de pot, il se comporte de la même façon dans notre système digestif, c’est-à-dire comme une colle. Aussi sa consommation excessive va provoquer son agglutination sur les parois de vos intestins. Ceci va empêcher l’absorption efficace des nutriments, vitamines et minéraux de ce que vous avez mangé. Sa mauvaise digestion est aussi la porte ouverte au développement de nombreuses bactéries pathogènes comme le célèbre Candida Albicans (responsable de la candidose) qui à l’état de champignon peut dérégler votre flore intestinale. Ce dérèglement va influencer le développement d’un certain nombre de symptômes très désagréables. En affaiblissant au passage votre système immunitaire favorisant la perméabilité intestinale.

La perméabilité Intestinale et le Gluten

Autre cas de figure, vous pouvez être intolérant un peu plus que la moyenne sans pour autant être catalogué Cœliaque. Cette sensibilité peut également occasionner grand nombre de symptômes, certes moins graves que dans les cas de la maladie cœliaque, mais tout de même très gênants (remontés acides, douleurs abdominales, fatigue, ballonnements, diarrhées…). La perméabilité intestinale qui peut découler de la consommation du Gluten impacte directement l’état inflammatoire de votre organisme. Une fois cette barrière entre vous et l’extérieur franchie, les déchets alimentaires ou bactériens non éliminés par les émonctoires vont s’accumuler. Ne sachant que faire de ces intrus, le corps va les envoyer dans des endroits les moins embêtant, notamment dans les articulations. Ce qui occasionnera inflammations et de grandes douleurs. C’est d’ailleurs un point central de la méthode du Dr Seignalet (qui date des années 80) qui prône l’exclusion des céréales mutées, dont le Blé, pour améliorer les symptômes de nombreuses affections chroniques (Elles sont au nombre de 91). Pour lui, la diminution de la perméabilité intestinale et notamment les aliments qui les déclenchent permettrait de réduire la fréquence et les symptômes de nombreuses maladies auto-immunes.  Nous pouvons citer ici un grand nombre de maladies chroniques, comme par exemple :

  • La Fibromyalgie
  • La Sclérose en plaques
  • La polyarthrite rhumatoïde
  • L’ostéoporose
  • L’autisme
  • La dépression
  • Le diabète sucré de type 2
  • … Il y’en a 91 au total, de quoi s’interroger sérieusement ! A retrouver dans l’excellent livre de Jean Seignalet, l’alimentation ou la troisième médecine.

Je ne vois pas franchement l’intérêt d’accepter des symptômes dont on peut se passer voir s’en passer sans médicaments.

« On est toujours étonné de constater à quel point l’état de nombreux patients, atteints d’affections chroniques, s’améliore du simple fait du rétablissement de la fonction intestinale ». R. Inderst, K.Ransberger et K. Maehder.

Ce que m’a apporté l’arrêt du Gluten 

Dans mon cas, j’ai voulu arrêter le Gluten pour 2 raisons. La première pour voir si certains de mes symptômes pouvaient être liés au Gluten. Je pense notamment aux acidités, aux fortes douleurs abdominales du matin ainsi qu’à la fatigue. La deuxième était liée à la maladie de Lyme et avait pour objectif de faire diminuer la charge inflammatoire de l’organisme, renforcer mon système immunitaire et par la même occasion chasser les bactéries pathogènes de mes intestins. J’en ai donc parlé à mon médecin traitant de l’époque qui était d’ailleurs également nutritionniste. Enfin je me demande avec le recul s’il n’avait pas reçu ce titre dans un Kinder surprise ou dans les années 60 quand le lait était encore la panacée. Sa réaction fut pour les moins étonnantes, enfin pour moi. Il me dit que le Régime Sans Gluten est une mode des stars Hollywoodienne et qu’a part si j’étais Cœliaque cela n’a aucun intérêt. En gros c’est Bullshit ! Depuis j’ai changé de médecin traitant, j’ai compris que les nutritionnistes ne se valent pas et c’est pareil pour toutes les spécialités et probablement pour tous les métiers. Pour en revenir au Gluten, depuis l’arrêt j’ai arrêté d’avoir les douleurs abdominales, j’ai perdu 10 kilos et je n’ai plus d’acidité. Ma sinusite chronique et mes raclements de gorge ont également disparu ! Je crois pouvoir affirmer que je suis également moins chargé en pesticides et en bien meilleure forme.

Qu’est-ce que je regrette ?

Je ne regrette donc absolument pas ce changement de mode de vie. Je regrette uniquement le fait de ne pas l’avoir fait plus tôt et la façon dont je l’ai fait. Effectivement, l’idée d’arrêter le Gluten du jour au lendemain n’était pas optimale. Si c’était à refaire, je le ferai progressivement pour laisser le temps au corps de s’adapter. En ce qui concerne les résultats, il faut bien attendre un bon mois avant de ressentir les effets de l’arrêt. A mon sens ça vaut le coup de tester. On vous regardera sans doute de travers, mais je préfère qu’on me regarde de travers et faire le casse pied tant que ma santé est meilleure. Avant je fumais, quand j’ai arrêté les fumeurs ne l’on pas vu d’un bon œil parce qu’ils auraient voulu faire de même et rien que ça ne leur plaisait pas. On ne fait pas ce genre de chose pour le regard des autres ! On le fait pour soi avant tout ! En plus ça vous économisera des régimes ou programme minceur avant l’été et le résultat sera bien plus efficace. Pour avoir travaillé dans ce domaine de nombreuses années auprès des plus grands gourous français, je vous assure que la seule façon de perdre du poids durablement c’est de manger sainement avec plaisir et de faire quelques exercices régulièrement.

L’arrêt du Gluten dans la vie de tous les jours

Avec un recul de maintenant presque 5 ans, avec quelques écarts de temps à autres, je dirais que le plus dur est de se lancer. Les premiers jours sont compliqués car toutes les habitudes acquises depuis des années sont à revoir. Mais vous pouvez commencer simplement, par exemple en arrêtant tout produit transformé contenant du gluten (remplacez les corn flakes et les barres de céréales par du granola au sarrasin ou des flocons d’avoine, votre corps vous dira merci !) en choisissant des pâtes sans blé (au sarrasin, au riz, aux lentilles…), en réduisant votre consommation de pain jour après jour. Après quelques semaines, une fois prises les bonnes habitudes, on a presque tendance à oublier que l’on a arrêté le Gluten. Il y a tellement de produits sans Gluten que ce n’est plus aussi compliqué de l’éviter que cela a pu l’être il y a quelques années encore. Vous allez découvrir de nombreux nouveaux produits savoureux qui se substituent au Gluten et dont les vertus sont indéniables. Je pense notamment au quinoa, au sarrasin ou encore aux haricots rouges. Sans oublier les classiques comme le riz, les topinambours, le maïs ou les patates à la place de votre pain quotidien. Après tout, si vous deviez vous sentir mieux pourquoi ne pas s’y mettre ? C’est une belle occasion de se réapproprier son assiette.

Attention ! Ne tombez pas dans le piège des produits qui se vantent être sans Gluten mais qui imitent les produits de boulangerie traditionnelle et sont bourrés d’autres saletés tout aussi mauvaises pour la santé, dans le but d’obtenir une texture proche du gluten. Le tout à des prix prohibitifs. La meilleure alternative reste toujours de consommer des produits les moins transformés possible, qui sont par ailleurs bien moins cher et pas plus compliqués à cuisiner.

A méditer,

  • (1) Effect of Gliadin on permeability of intestinal Biopsy Explants from Celiac Disease Patients and Patients with Non-Celiac Gluten Sensitivity. Nutrients. 27/02/2015
  • (2) Biocontact N°298, février 2019

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