Maladie de Lyme et dysautonomie
À retenir

La dysautonomie correspond à un dysfonctionnement du système nerveux autonome, qui participe notamment à la régulation de la fréquence cardiaque, de la pression artérielle, de la digestion et de la température corporelle.

Plusieurs études récentes suggèrent qu’une dysfonction autonome peut être présente chez certains patients présentant une maladie de Lyme à un stade avancé ou des symptômes persistants après l’infection.

Les travaux de Milovanovic et al. publiés en 2026 ont notamment retrouvé des anomalies de la variabilité de la fréquence cardiaque et du baroréflexe chez des patients atteints de maladie de Lyme, par rapport à des sujets contrôles.

La dysautonomie ne se résume pas au POTS : elle peut également se manifester par une hypotension orthostatique, des malaises, des palpitations, des troubles digestifs, une intolérance à la chaleur ou une mauvaise tolérance à la station debout.

Ces résultats apportent une piste intéressante pour mieux comprendre certains symptômes persistants, mais ils ne permettent pas d’affirmer que la maladie de Lyme est la cause de toutes les dysautonomies. Des recherches supplémentaires restent nécessaires pour comprendre les mécanismes impliqués.


Maladie de Lyme et dysautonomie : quand la maladie de Lyme perturbe le système nerveux autonome


La maladie de Lyme ne se résume pas toujours à un érythème migrant, à des douleurs articulaires ou à des symptômes neurologiques classiques. Chez certaines personnes, des troubles beaucoup plus diffus peuvent apparaître : accélération du cœur en position debout, vertiges, malaises, fatigue importante, intolérance à la chaleur ou à l’effort, troubles digestifs, problèmes de régulation de la température ou encore sensation de malaise après être resté debout.

Ces symptômes peuvent notamment évoquer une dysautonomie, c’est-à-dire un dysfonctionnement du système nerveux autonome, le système qui régule automatiquement de nombreuses fonctions de l’organisme.

La relation entre maladie de Lyme et dysautonomie fait encore l’objet de recherches. Mais les données publiées ces dernières années deviennent particulièrement intéressantes. Une étude publiée en septembre 2026 par Milovanovic et ses collaborateurs a notamment retrouvé des anomalies cardiovasculaires du système nerveux autonome chez des patients atteints de maladie de Lyme à un stade avancé.

Cette question pourrait donc permettre de mieux comprendre certains symptômes persistants rapportés par des patients après une maladie de Lyme.


Qu’est-ce que la dysautonomie ?


Le système nerveux autonome est une partie du système nerveux qui contrôle de nombreuses fonctions que nous ne commandons pas volontairement.

Il intervient notamment dans :

  • la fréquence cardiaque ;
  • la pression artérielle ;
  • la circulation sanguine ;
  • la respiration ;
  • la digestion ;
  • la transpiration ;
  • la température corporelle ;
  • certaines fonctions urinaires ;
  • certaines fonctions sexuelles ;
  • la régulation du diamètre des vaisseaux sanguins.

Lorsque ce système fonctionne moins bien, on parle de dysautonomie ou de dysfonctionnement autonome.

Le problème est que la dysautonomie ne correspond pas à une maladie unique. Il s’agit plutôt d’un ensemble de troubles pouvant avoir différentes causes et différentes manifestations.

Elle peut notamment se traduire par une mauvaise adaptation de l’organisme au passage de la position allongée ou assise à la position debout.

C’est ce que l’on appelle l’intolérance orthostatique.


Maladie de Lyme et dysautonomie : quel rapport ?


La question d’un lien entre infection et dysfonctionnement du système nerveux autonome n’est pas nouvelle.

Certaines infections peuvent être suivies de troubles autonomiques. C’est notamment le cas de plusieurs syndromes post-infectieux étudiés ces dernières années.

Concernant la maladie de Lyme, les données étaient jusqu’à récemment relativement limitées. Une revue publiée en 2024 par Adler, Chung, Rowe et Aucott soulignait justement que la dysautonomie était rapportée dans la pratique clinique chez certains patients après une maladie de Lyme, mais que les preuves scientifiques restaient encore insuffisantes pour considérer cette complication comme définitivement établie.

Depuis, plusieurs travaux sont venus renforcer cette piste.

Une étude publiée en 2025 a ainsi étudié le fonctionnement du système nerveux autonome chez des patients présentant différents syndromes post-infectieux, dont la maladie de Lyme. Les chercheurs ont notamment observé chez les patients du groupe Lyme une fréquence élevée d’hypotension orthostatique, ainsi que des modifications de la variabilité de la fréquence cardiaque compatibles avec une atteinte de la régulation sympathique.

Puis une nouvelle étude publiée en septembre 2026 est allée plus loin en évaluant de manière très complète la fonction cardiovasculaire autonome chez des patients atteints de maladie de Lyme à un stade avancé.


L’étude de Milovanovic et al. publiée en 2026


L’étude intitulée « Cardiovascular Autonomic Dysfunction in Late-Stage Lyme Disease: A Comprehensive Autonomic Assessment », publiée dans le Canadian Journal of Physiology and Pharmacology le 26 septembre 2026, s’intéresse directement à la fonction cardiovasculaire du système nerveux autonome dans la maladie de Lyme.

Les chercheurs ont étudié 324 participants, dont :

  • 233 patients présentant une maladie de Lyme à un stade avancé ;
  • 91 sujets contrôles sains.

L’objectif était d’aller au-delà du seul POTS et d’évaluer plus largement le fonctionnement du système nerveux autonome cardiovasculaire.

Les participants ont notamment bénéficié de :

  • tests de réflexes cardiovasculaires ;
  • analyse de la variabilité de la fréquence cardiaque ;
  • évaluation du baroréflexe ;
  • électrocardiogramme Holter sur 24 heures ;
  • mesure ambulatoire de la pression artérielle.

Les résultats sont particulièrement intéressants.

Les patients atteints de maladie de Lyme présentaient davantage d’anomalies du fonctionnement sympathique et parasympathique que les sujets contrôles.

Les chercheurs ont également retrouvé une diminution de plusieurs paramètres de la variabilité de la fréquence cardiaque, ainsi qu’une altération de la sensibilité du baroréflexe.

Ces résultats vont donc dans le sens d’une atteinte cardiovasculaire du système nerveux autonome chez une partie des patients présentant une maladie de Lyme à un stade avancé.


Que signifie une diminution de la variabilité de la fréquence cardiaque ?


La variabilité de la fréquence cardiaque, souvent appelée HRV ou VFC, correspond aux variations naturelles du temps qui sépare deux battements cardiaques.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, un cœur sain ne bat pas exactement à intervalles parfaitement identiques.

Ces variations sont en partie influencées par le système nerveux autonome.

La mesure de la variabilité cardiaque peut donc apporter des informations sur la manière dont l’organisme adapte en permanence le fonctionnement cardiovasculaire aux différentes situations : repos, activité physique, respiration, stress, changement de position, sommeil, etc.

Dans l’étude de Milovanovic et al., plusieurs paramètres de variabilité de la fréquence cardiaque étaient diminués chez les patients atteints de Lyme par rapport aux contrôles. Les auteurs ont également observé une modification du rapport entre certaines composantes de la variabilité cardiaque, compatible avec une prédominance relative de l’activité sympathique.

Cela ne signifie évidemment pas qu’une simple mesure de HRV permet de diagnostiquer une maladie de Lyme.

La HRV est un marqueur physiologique, et son interprétation doit être faite dans son contexte clinique.


Le rôle du baroréflexe


Le baroréflexe joue un rôle essentiel dans la régulation de la pression artérielle.

Lorsque nous nous levons, une partie du sang a tendance à s’accumuler dans les jambes sous l’effet de la gravité.

L’organisme doit alors réagir rapidement : les vaisseaux sanguins se contractent, la fréquence cardiaque s’adapte et le système cardiovasculaire ajuste la pression artérielle afin de maintenir une circulation suffisante vers les organes, notamment le cerveau.

Cette adaptation fait intervenir le système nerveux autonome.

Lorsque cette régulation fonctionne moins bien, le passage en position debout peut provoquer différents symptômes : vertiges, faiblesse, brouillard mental, palpitations, malaise ou parfois syncope.

L’étude de 2026 de Milovanovic et al. a justement retrouvé une diminution de la sensibilité du baroréflexe chez les patients atteints de maladie de Lyme à un stade avancé.


Lyme et hypotension orthostatique


L’un des résultats les plus intéressants des travaux de Milovanovic concerne l’hypotension orthostatique.

Une étude précédente du même groupe, publiée en 2025, avait retrouvé une hypotension orthostatique chez 53,4 % des patients du groupe maladie de Lyme étudié. Les chercheurs avaient également observé des modifications de la réponse cardiovasculaire lors du test d’inclinaison (« Head-Up Tilt Test »), suggérant notamment une défaillance de la réponse adrénégique.

Une autre étude publiée en octobre 2025, portant sur 1 036 patients, a également retrouvé chez les patients du groupe Lyme une fréquence particulièrement importante de réponses positives au test d’inclinaison, avec davantage d’hypotension orthostatique et de syncope.

Ces travaux sont intéressants car ils permettent de mettre en relation certains symptômes très concrets avec des anomalies physiologiques mesurables.


Qu’est-ce que le POTS ?


Le POTS, ou Postural Orthostatic Tachycardia Syndrome, est l’une des formes de dysautonomie les plus connues.

En français, on parle de syndrome de tachycardie orthostatique posturale.

Le problème apparaît principalement lors du passage en position debout.

Chez l’adulte, les critères actuels reposent notamment sur une augmentation soutenue de la fréquence cardiaque d’au moins 30 battements par minute dans les 10 minutes suivant le passage debout, en l’absence d’hypotension orthostatique répondant aux critères correspondants. Chez l’adolescent, le seuil est généralement de 40 battements par minute.

Les symptômes peuvent comprendre :

  • accélération importante du cœur en position debout ;
  • palpitations ;
  • vertiges ;
  • faiblesse ;
  • sensation de malaise ;
  • troubles de la concentration ;
  • fatigue ;
  • intolérance à l’effort ;
  • parfois syncope ou présyncope.

Le POTS n’est cependant qu’une des manifestations possibles de la dysautonomie.

C’est un point important dans le contexte de la maladie de Lyme : une personne peut présenter une dysfonction autonome sans nécessairement répondre aux critères du POTS.

Les travaux récents insistent justement sur l’importance de ne pas réduire la dysautonomie au seul POTS. Le consensus international publié en 2026 souligne que certaines personnes présentent une intolérance orthostatique et une véritable dysfonction autonome sans atteindre le seuil de fréquence cardiaque nécessaire au diagnostic de POTS.


Quels symptômes peuvent évoquer une dysautonomie dans la maladie de Lyme ?


Les symptômes peuvent être très variés.

Symptômes cardiovasculaires

On peut notamment retrouver :

  • palpitations ;
  • accélération du cœur en position debout ;
  • tension artérielle instable ;
  • hypotension orthostatique ;
  • vertiges ;
  • sensation de malaise ;
  • pré-syncope ;
  • syncope.
Dysautonomie Maladie Lyme

Intolérance à la position debout

Certaines personnes constatent qu’elles supportent mal le fait de rester debout longtemps.

Elles peuvent avoir besoin de s’asseoir ou de s’allonger rapidement pour faire disparaître les symptômes.

Dans certains cas, rester debout peut provoquer une augmentation importante des palpitations, des vertiges ou une sensation d’épuisement.

Fatigue et intolérance à l’effort

La dysautonomie peut également participer à une mauvaise tolérance à l’activité physique.

Une personne peut avoir l’impression que son cœur s’emballe rapidement, que ses jambes deviennent faibles ou que son état général se dégrade après un effort relativement modéré.

La fatigue est également un symptôme fréquent dans la maladie de Lyme et dans les syndromes post-infectieux, ce qui rend parfois difficile de déterminer ce qui relève directement de l’infection, d’une dysautonomie ou de plusieurs mécanismes associés.

Pour mieux comprendre l’ensemble des manifestations possibles, voir également notre dossier sur les symptômes de la maladie de Lyme.

Troubles digestifs

Le système nerveux autonome intervient également dans la digestion.

Une dysfonction autonome peut donc être associée à différents troubles digestifs : nausées, constipation, troubles de la motricité digestive, sensation de digestion ralentie ou autres troubles fonctionnels.

Des manifestations digestives et urinaires ont d’ailleurs été rapportées dans certains cas de dysautonomie associée à une infection à Borrelia.

Troubles de la température et de la transpiration

Le système nerveux autonome participe à la régulation de la température corporelle et de la transpiration.

Certaines personnes peuvent ainsi ressentir une mauvaise tolérance à la chaleur, avoir des épisodes de transpiration inhabituelle ou avoir du mal à maintenir une température corporelle confortable.


Dysautonomie, Lyme et neuropathie des petites fibres


Une autre piste particulièrement intéressante concerne la neuropathie des petites fibres.

Les petites fibres nerveuses jouent notamment un rôle dans la sensibilité, mais certaines fibres participent également au fonctionnement du système nerveux autonome.

Une atteinte de ces fibres peut donc provoquer à la fois des symptômes sensitifs et autonomiques.

Une étude publiée sur des patients présentant un syndrome post-traitement de la maladie de Lyme a retrouvé des anomalies compatibles avec une neuropathie des petites fibres chez plusieurs participants. Les chercheurs ont également observé des anomalies autonomiques et une diminution du débit sanguin cérébral orthostatique chez une partie importante des participants.

Cela apporte une piste supplémentaire pour comprendre pourquoi certains patients peuvent présenter simultanément :

  • douleurs ou sensations anormales ;
  • fourmillements ;
  • brûlures ;
  • hypersensibilité ;
  • fatigue ;
  • troubles cognitifs ;
  • vertiges ;
  • intolérance orthostatique.

Il ne faut toutefois pas en conclure que toutes les personnes atteintes de maladie de Lyme présentent une neuropathie des petites fibres. Les études disponibles portent encore sur des groupes relativement spécifiques.


Comment expliquer cette dysautonomie ?


Il n’existe pas encore une explication unique et démontrée. Plusieurs mécanismes sont actuellement envisagés.

Une atteinte directe du système nerveux

Borrelia peut atteindre le système nerveux et provoquer une neuroborréliose.

La littérature publiée sur la dysautonomie après Lyme évoque notamment la possibilité d’une atteinte de certaines structures ou voies impliquées dans la régulation autonome. Le nerf vague, par exemple, joue un rôle important dans la régulation cardiovasculaire, digestive et immunitaire.

Une neuropathie des petites fibres

Comme évoqué plus haut, une atteinte des petites fibres nerveuses pourrait contribuer à certains symptômes autonomiques chez certains patients.

Une réponse inflammatoire persistante

Une autre hypothèse concerne l’inflammation et les modifications de la régulation immunitaire et neurologique qui peuvent persister après une infection. Il s’agit toutefois d’un domaine complexe et encore largement étudié.

Une dérégulation post-infectieuse

Enfin, certains symptômes pourraient relever d’une dysfonction post-infectieuse plutôt que d’une infection active persistante. Cette distinction est importante. Présenter une dysautonomie après une maladie de Lyme ne permet pas, à lui seul, de démontrer que Borrelia est encore présente ou active dans l’organisme.

C’est l’une des raisons pour lesquelles il est important de distinguer infection active, conséquences post-infectieuses, dysfonction du système nerveux autonome et autres causes possibles des symptômes.


Peut-on avoir une dysautonomie après une maladie de Lyme traitée ?


C’est précisément l’une des questions importantes soulevées par la littérature récente.

La revue d’Adler et al. publiée en 2024 s’intéressait spécifiquement à la possibilité que la dysautonomie constitue une composante du syndrome post-traitement de la maladie de Lyme. Les auteurs soulignaient cependant les limites des données disponibles et la nécessité de poursuivre les recherches.

Des cas de POTS apparus après une maladie de Lyme ont notamment été décrits, et certaines petites études ont retrouvé des anomalies du système autonome chez des personnes présentant des symptômes persistants après traitement. Cela ne signifie pas que toute personne ayant des symptômes persistants après Lyme souffre de dysautonomie.

Mais chez un patient présentant des symptômes particulièrement évocateurs — malaise debout, tachycardie posturale, hypotension, syncope, intolérance à l’effort — cette piste mérite d’être envisagée.


Comment rechercher une dysautonomie ?


Le bilan dépend naturellement des symptômes et du contexte médical.

Une première étape peut consister à mesurer la fréquence cardiaque et la pression artérielle en position allongée puis debout.

Dans certains cas, un test d’inclinaison, ou Tilt Test / Head-Up Tilt Test, peut être proposé.

Le patient est installé sur une table qui permet de passer progressivement d’une position allongée à une position inclinée, tout en surveillant notamment la fréquence cardiaque et la pression artérielle. Ce test permet d’étudier la réponse cardiovasculaire au changement de position.

Les recommandations récentes sur l’exploration du système nerveux autonome soulignent l’intérêt d’une évaluation standardisée comprenant notamment les épreuves orthostatiques, la manœuvre de Valsalva, l’analyse de la variabilité cardiaque et, lorsque cela est indiqué, l’évaluation de la sudation.

Selon les symptômes, d’autres examens peuvent également être utilisés :

  • ECG ;
  • Holter cardiaque ;
  • mesure ambulatoire de la pression artérielle ;
  • tests cardiovasculaires autonomiques ;
  • analyse de la variabilité de la fréquence cardiaque ;
  • exploration des petites fibres dans certaines situations.

L’objectif est surtout de mettre en évidence objectivement le fonctionnement du système autonome et d’écarter d’autres causes possibles.


Le test de Schellong peut-il être utile ?


Le test de Schellong, ou test d’orthostatisme actif, consiste à mesurer la fréquence cardiaque et la pression artérielle après une période allongée puis lors du passage en position debout.

Il peut fournir des informations intéressantes sur la réponse orthostatique. Cependant, une mesure ponctuelle ne permet pas nécessairement de détecter toutes les formes de dysautonomie.

Les recommandations récentes soulignent notamment que le test d’inclinaison et la mesure orthostatique active sont complémentaires et que certaines anomalies peuvent être mieux détectées avec une surveillance continue de la pression artérielle.


Que faire en cas de dysautonomie associée à Lyme ?


La prise en charge dépend de la cause identifiée et du type de dysautonomie. Il n’existe pas aujourd’hui un traitement unique de la dysautonomie liée à la maladie de Lyme. La prise en charge est généralement individualisée.

Elle peut notamment chercher à :

  • améliorer la tolérance orthostatique ;
  • éviter la déshydratation lorsque cela est approprié ;
  • adapter progressivement l’activité physique aux capacités de la personne ;
  • identifier les facteurs aggravants ;
  • traiter les troubles associés ;
  • prendre en charge les symptômes cardiovasculaires lorsque cela est nécessaire.

Dans certains cas de POTS ou d’hypotension orthostatique, des mesures concernant l’hydratation, l’apport en sel, les vêtements de compression ou l’activité physique adaptée peuvent être proposées par les professionnels de santé. Les traitements médicamenteux éventuels dépendent du profil du patient et doivent être prescrits et surveillés médicalement.

Il est également important de rechercher d’autres facteurs pouvant aggraver une intolérance orthostatique : déshydratation, certains médicaments, anémie, troubles endocriniens ou autres pathologies.


Dysautonomie et maladie de Lyme : un domaine encore en pleine évolution


Ce qui est particulièrement intéressant dans les publications récentes, c’est l’évolution du niveau de preuve. En 2024, une revue consacrée spécifiquement à la dysautonomie après Lyme concluait que les données étaient encore limitées et que cette complication n’était pas formellement établie dans la littérature.

En 2025, les travaux de Milovanovic et al. ont retrouvé des anomalies autonomiques mesurables chez un groupe important de patients présentant une maladie de Lyme à un stade avancé, notamment une fréquence élevée d’hypotension orthostatique et des anomalies de la réponse au test d’inclinaison.

Et en septembre 2026, l’étude portant sur 233 patients Lyme et 91 témoins a retrouvé des anomalies plus larges touchant notamment la variabilité de la fréquence cardiaque et le baroréflexe. Cela ne signifie pas que la dysautonomie est désormais démontrée comme une conséquence de toutes les maladies de Lyme. Mais ces travaux renforcent clairement l’intérêt de cette piste chez certains patients présentant des symptômes compatibles.


Ce que ces études changent pour les patients


Pour une personne qui souffre de maladie de Lyme et qui présente depuis longtemps des vertiges, palpitations, malaise en position debout, fatigue importante, intolérance à l’effort ou troubles de la pression artérielle, la dysautonomie peut constituer une piste supplémentaire à discuter avec son médecin.

Elle peut notamment aider à mettre un nom sur certains symptômes qui paraissent parfois difficiles à relier entre eux.

Une personne peut par exemple avoir l’impression d’avoir simultanément un problème cardiaque, une fatigue chronique, des troubles digestifs et des difficultés à supporter la station debout.

Or ces manifestations peuvent, dans certains cas, avoir un point commun : le système nerveux autonome. Cela ne permet évidemment pas de tout expliquer par la dysautonomie.

La maladie de Lyme peut provoquer des manifestations très diverses et il existe également de nombreuses autres causes possibles aux symptômes persistants. C’est pourquoi la recherche d’une dysautonomie doit s’intégrer dans une prise en charge globale, notamment lorsque les symptômes sont complexes ou persistants.

Pour aller plus loin, vous pouvez également consulter nos articles consacrés au diagnostic de la maladie de Lyme, aux symptômes de Lyme et aux co-infections liées à la maladie de Lyme


FAQ – Maladie de Lyme et dysautonomie


👉
La maladie de Lyme peut-elle provoquer une dysautonomie ?

Les recherches récentes suggèrent qu’une dysfonction du système nerveux autonome peut être observée chez certains patients atteints de maladie de Lyme, notamment dans les formes à symptômes persistants. Les études de Milovanovic et al. publiées en 2025 et 2026 ont retrouvé différentes anomalies autonomiques et cardiovasculaires dans leurs groupes de patients Lyme.

Quel est le lien entre Lyme et POTS ?

Le POTS est une forme de dysautonomie caractérisée principalement par une augmentation importante de la fréquence cardiaque lors du passage en position debout. Des cas de POTS apparus après une maladie de Lyme ont été rapportés, mais les données disponibles ne permettent pas d’affirmer que Lyme est une cause fréquente de POTS.

Quels sont les symptômes d’une dysautonomie ?

Les symptômes peuvent comprendre des palpitations, vertiges, hypotension ou tachycardie en position debout, malaise, syncope, fatigue, intolérance à l’effort, troubles digestifs, troubles de la transpiration ou difficultés à réguler la température.

Comment diagnostiquer une dysautonomie ?

Le bilan peut commencer par des mesures de fréquence cardiaque et de pression artérielle en position couchée puis debout. Selon les symptômes, un test d’inclinaison, une analyse de la variabilité cardiaque, un Holter ou d’autres tests autonomiques peuvent être proposés.

La dysautonomie signifie-t-elle que Borrelia est encore présente ?

Non. Une dysautonomie après une maladie de Lyme ne constitue pas en elle-même une preuve d’une infection active persistante. Elle peut correspondre à différents mécanismes et doit être interprétée dans l’ensemble du contexte médical.

La dysautonomie peut-elle expliquer certains symptômes persistants après Lyme ?

C’est une hypothèse intéressante chez certains patients. Les études disponibles montrent notamment des anomalies de la régulation cardiovasculaire et du système autonome chez certains patients présentant des symptômes persistants après Lyme. Cette piste mérite toutefois encore d’être étudiée.


Sources scientifiques


  • Milovanovic B. et al. Cardiovascular Autonomic Dysfunction in Late-Stage Lyme Disease: A Comprehensive Autonomic Assessment. Canadian Journal of Physiology and Pharmacology, 2026. DOI: 10.1139/cjpp-2026-0066.
  • Milovanovic B. et al. Cross-Sectional Study Evaluating the Role of Autonomic Nervous System Functional Diagnostics in Differentiating Post-Infectious Syndromes: Post-COVID Syndrome, Chronic Fatigue Syndrome, and Lyme Disease. Biomedicines, 2025;13(2):356.
  • Milovanovic B. et al. The Relationship Between Hemodynamic Responses During Head-Up Tilt Testing and Parameters of Infection in Post-COVID Syndrome, Chronic Fatigue Syndrome, and Late-Stage Lyme Disease. Viruses, 2025;17(11):1430.
  • Adler BL, Chung T, Rowe PC, Aucott J. Dysautonomia following Lyme disease: a key component of post-treatment Lyme disease syndrome? Frontiers in Neurology, 2024;15:1344862.
  • Novak P. et al. Association of small fiber neuropathy and post treatment Lyme disease syndrome.
  • Cortez MM et al. Utility and best practices for clinical diagnostic testing of the autonomic nervous system. Clinical Autonomic Research, 2026.
  • Sivakoti K. et al. Postural Orthostatic Tachycardia Syndrome (POTS) and Dysautonomia: International Multidisciplinary Expert Consensus. American Journal of Medicine, 2026.
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