Maladie de Lyme : symptômes neurologiques, lesquels et pourquoi ?
La maladie de Lyme est souvent associée à l’érythème migrant, aux douleurs articulaires ou à une fatigue importante. Pourtant, le système nerveux peut également être concerné. Lorsque l’infection à Borrelia entraîne une atteinte neurologique, les manifestations peuvent être très différentes selon les structures touchées : nerfs périphériques, racines nerveuses, nerfs crâniens, méninges ou, plus rarement, système nerveux central.
Ces manifestations sont regroupées sous le terme de neuroborréliose. Elles peuvent notamment comprendre des douleurs de type nerveux, des fourmillements, des troubles sensitifs, une paralysie faciale, des céphalées, des troubles de l’équilibre ou certaines atteintes des nerfs crâniens. D’autres symptômes, comme les difficultés de concentration, les troubles de mémoire ou le « brouillard cérébral », sont également rapportés par des patients, mais leur interprétation est plus complexe et ne permet pas, à elle seule, de conclure à une atteinte neurologique active.
Comprendre les symptômes neurologiques de la maladie de Lyme nécessite donc de distinguer les manifestations classiques de la neuroborréliose, les symptômes rapportés par les patients et les différentes hypothèses proposées pour expliquer leur apparition. Pour avoir une vue d’ensemble, vous pouvez également consulter notre article consacré aux symptômes de la maladie de Lyme.

Quels sont les symptômes neurologiques de la maladie de Lyme ?
Les symptômes neurologiques peuvent prendre des formes très différentes. Certains sont relativement caractéristiques d’une atteinte neurologique liée à Lyme, tandis que d’autres sont beaucoup moins spécifiques et peuvent avoir de nombreuses autres causes.
Douleurs nerveuses, brûlures et sensations électriques
Les douleurs de type neuropathique font partie des manifestations particulièrement intéressantes à reconnaître. Elles peuvent être décrites comme des décharges électriques, des brûlures, des picotements, des élancements ou des douleurs suivant un trajet particulier.
Certaines atteintes touchent les racines nerveuses et peuvent provoquer des douleurs radiculaires parfois très importantes. Le syndrome de Bannwarth, ou méningoradiculite lymphocytaire, constitue notamment une forme classique de neuroborréliose européenne.
Ces douleurs ne ressemblent pas nécessairement à une douleur musculaire ou articulaire classique. Elles peuvent être très intenses, parfois migratoires ou fluctuantes, ce qui peut rendre leur origine difficile à identifier. Elles peuvent également s’inscrire dans un tableau plus large associant douleurs, fatigue et autres symptômes de la maladie de Lyme.
Fourmillements, engourdissements et troubles sensitifs
Les personnes concernées peuvent également décrire des fourmillements, picotements, engourdissements, sensations de brûlure ou modifications de la sensibilité.
Ces manifestations sont parfois regroupées sous le terme de paresthésies. Elles peuvent toucher différentes parties du corps et évoluer dans le temps.
Dans son questionnaire MSIDS, Richard Horowitz inclut notamment les sensations de fourmillement, d’engourdissement, de brûlure ou de douleur de type piqûre parmi les symptômes associés à la dimension neuropathique de son modèle. Une étude consacrée à la validation de ce questionnaire a retrouvé un facteur regroupant notamment ces symptômes avec la paralysie faciale, certains tremblements et les vertiges.
Paralysie faciale
La paralysie faciale périphérique est l’une des manifestations neurologiques les plus connues de la maladie de Lyme.
Elle correspond à une atteinte du nerf facial et peut provoquer une asymétrie du visage, une difficulté à sourire ou à fermer complètement un œil. Elle peut être unilatérale et constitue une manifestation importante à prendre en compte lorsqu’elle survient dans un contexte compatible avec une exposition aux tiques.
Le nerf facial est un nerf crânien : son atteinte illustre donc parfaitement le fait que la maladie de Lyme peut toucher différentes structures du système nerveux et pas uniquement provoquer des symptômes généraux.
Maux de tête et méningite
La maladie de Lyme peut également être associée à une méningite, c’est-à-dire une inflammation des membranes qui entourent le cerveau et la moelle épinière.
Les céphalées peuvent alors être importantes et s’accompagner, selon les cas, d’autres signes neurologiques. Une méningite liée à Lyme ne se diagnostique évidemment pas à partir d’un simple mal de tête : le contexte clinique et les examens appropriés sont indispensables.
Les recommandations neurologiques européennes identifient la méningite et la polyradiculite parmi les principales formes de neuroborréliose.
Vertiges et troubles de l’équilibre
Les vertiges et les troubles de l’équilibre peuvent également être rapportés dans le contexte de la maladie de Lyme, mais ils sont particulièrement non spécifiques.
Ils peuvent avoir une origine neurologique, vestibulaire, cardiovasculaire, métabolique ou liée à de nombreuses autres situations. Ils ne doivent donc pas être interprétés isolément comme une preuve de neuroborréliose.
Dans le questionnaire MSIDS étudié par Horowitz, les vertiges et l’augmentation du mal des transports apparaissent néanmoins parmi les symptômes regroupés avec les manifestations neuropathiques.
Les principaux symptômes neurologiques en un coup d’œil
Les manifestations neurologiques de la maladie de Lyme peuvent être très différentes selon les personnes et selon les structures du système nerveux concernées. Ce tableau permet de retrouver rapidement les principaux symptômes décrits.
| Manifestation | Ce que cela peut provoquer |
|---|---|
| Douleurs nerveuses | Brûlures, décharges électriques, douleurs intenses ou inhabituelles |
| Fourmillements et engourdissements | Picotements, diminution de la sensibilité ou sensations anormales dans les membres |
| Atteinte des racines nerveuses | Douleurs irradiantes, troubles sensitifs ou faiblesse musculaire |
| Paralysie faciale | Faiblesse ou paralysie d’un côté du visage |
| Méningite | Maux de tête importants, raideur de la nuque, parfois fièvre et sensibilité à la lumière |
| Troubles de l’équilibre | Vertiges, sensation d’instabilité ou difficultés à marcher |
| Troubles cognitifs | Difficultés de concentration, de mémoire ou sensation de « brouillard cérébral » |
| Autres manifestations neurologiques | Plus rarement, atteinte de la moelle épinière ou du système nerveux central |

Les troubles cognitifs font-ils partie des symptômes neurologiques de Lyme ?
C’est probablement l’une des questions les plus complexes.
De nombreux patients décrivent un brouillard cérébral, des difficultés à se concentrer, une impression de mémoire moins efficace, une difficulté à trouver certains mots ou une sensation de ralentissement mental. Ces symptômes peuvent être très handicapants dans la vie quotidienne, même lorsqu’aucune anomalie neurologique évidente n’est retrouvée lors d’un examen classique.
Dans son questionnaire MSIDS, Horowitz distingue notamment une dimension de dysfonction cognitive, comprenant des difficultés à réfléchir, à se concentrer ou à lire ainsi que des troubles de mémoire à court terme. L’étude de validation du questionnaire a retrouvé un facteur spécifique correspondant aux symptômes cognitifs.
Cela ne signifie toutefois pas que toute personne présentant un brouillard cérébral souffre d’une neuroborréliose. Les troubles cognitifs peuvent également être influencés par la fatigue, le sommeil, la douleur, certains médicaments, le stress, des troubles métaboliques ou de nombreuses autres causes.
La question est d’autant plus intéressante que la fatigue peut elle-même avoir des conséquences importantes sur les capacités de concentration et les fonctions cognitives. Nous avons consacré un article complet à la fatigue et à la maladie de Lyme pour approfondir cette question.
La littérature scientifique reste d’ailleurs partagée sur la nature et la fréquence des troubles cognitifs persistants après une neuroborréliose correctement diagnostiquée et traitée. Il est donc préférable de distinguer les symptômes cognitifs réellement vécus par les patients de l’interprétation de leur mécanisme.
Pourquoi la maladie de Lyme peut-elle provoquer des symptômes neurologiques ?
La question du « pourquoi » est plus complexe qu’une simple affirmation selon laquelle Borrelia « attaque les nerfs ».
Lorsqu’une neuroborréliose est présente, l’infection peut être associée à une réponse inflammatoire au niveau du système nerveux. Selon la forme clinique, différentes structures peuvent être concernées, notamment les racines nerveuses, les méninges ou certains nerfs crâniens.
Les travaux de Brian Fallon se sont notamment intéressés au rôle de l’inflammation dans les manifestations neurologiques de Lyme. Cette approche permet de comprendre pourquoi il serait trop simpliste de représenter la maladie comme une bactérie qui « détruit directement les nerfs ». Les interactions entre Borrelia, le système immunitaire, l’inflammation et les tissus nerveux sont plus complexes.
Cette question des mécanismes est également importante lorsqu’on s’intéresse aux symptômes persistants et aux autres infections susceptibles d’être transmises par les tiques. Les co-infections de la maladie de Lyme constituent ainsi un autre élément régulièrement discuté dans les formes complexes de la maladie.
Que disent les auteurs et cliniciens qui travaillent sur la maladie de Lyme ?
La littérature consacrée à Lyme ne se limite pas aux recommandations officielles. Plusieurs cliniciens et auteurs ont développé des modèles plus larges pour comprendre les symptômes observés chez certains patients.
Ces approches ne reposent toutefois pas toutes sur le même niveau de preuve. Il est donc utile de les présenter séparément de la littérature médicale conventionnelle, sans pour autant les écarter lorsqu’elles apportent un éclairage intéressant sur le vécu ou la complexité des symptômes.
Richard Horowitz : une vision multisystémique
Le Dr Richard Horowitz a développé le modèle MSIDS (Multiple Systemic Infectious Disease Syndrome) à partir de son expérience clinique auprès de patients présentant des tableaux complexes attribués à des maladies transmises par les tiques.
Son approche ne réduit pas les symptômes à la seule présence de Borrelia. Elle cherche à prendre en compte plusieurs facteurs pouvant contribuer à la persistance ou à la complexité des symptômes : infections, co-infections, inflammation, dysfonctionnement immunitaire, troubles du sommeil, douleurs, dysautonomie ou facteurs métaboliques.
Dans l’étude consacrée à son questionnaire MSIDS, six grandes dimensions ont notamment été identifiées : neuropathie, dysfonction cognitive, douleurs musculosquelettiques, fatigue, dysautonomie et symptômes cardio-respiratoires.
Cette approche est particulièrement intéressante pour comprendre pourquoi certains patients décrivent un ensemble de symptômes neurologiques, cognitifs et autonomiques qui ne correspondent pas forcément à une seule atteinte anatomique.
Elle rejoint d’ailleurs certains questionnements autour de la dysautonomie dans la maladie de Lyme, notamment lorsque les symptômes neurologiques s’accompagnent de palpitations, de malaises, de troubles de la régulation de la température ou d’une mauvaise tolérance à la station debout.
Il faut cependant préciser que la validation du questionnaire MSIDS ne signifie pas que le modèle établit la cause de chacun des symptômes. L’étude montre notamment une structure statistique cohérente des symptômes, mais elle ne constitue pas la preuve que chaque symptôme est causé par une infection active à Borrelia.
Stephen Harrod Buhner : la neuroborréliose et les mécanismes de défense
Stephen Harrod Buhner, auteur de Healing Lyme, propose une approche phytothérapeutique et mécanistique très différente des recommandations médicales conventionnelles.
Dans son ouvrage, il accorde une place importante à la neuroborréliose, aux mécanismes inflammatoires et aux interactions entre Borrelia et les tissus de l’organisme. Son approche s’intéresse également aux co-infections et aux mécanismes susceptibles de participer aux symptômes persistants.
Pour les lecteurs qui souhaitent comprendre plus précisément cette approche, nous avons consacré un article complet au protocole Buhner, notamment à la façon dont Buhner envisage la maladie de Lyme et les co-infections.
Il est toutefois important de distinguer les différents niveaux de preuve : les mécanismes biologiques étudiés par Buhner, ses observations cliniques et ses recommandations phytothérapeutiques ne constituent pas tous des traitements démontrés de la neuroborréliose par des essais cliniques. Il s’agit là d’un savoir empirique basé sur l’expérience du terrain de Buhner.
Son intérêt dans cet article est donc surtout de montrer qu’une autre école de pensée cherche à expliquer les manifestations neurologiques de Lyme à partir d’une approche intégrative, notamment autour de l’inflammation, de la protection neurologique et des co-infections.
Judith Albertat : le regard du patient
Judith Albertat occupe une place différente dans cette discussion. Dans son ouvrage consacré à son parcours avec la maladie de Lyme, elle raconte notamment des symptômes importants et une longue errance médicale.
Son témoignage ne doit évidemment pas être placé au même niveau qu’une étude clinique. Mais il possède une autre valeur : il permet de comprendre ce que représentent concrètement les symptômes neurologiques et cognitifs pour les personnes qui les vivent.
Difficultés de concentration, troubles cognitifs, fatigue, douleurs et manifestations inhabituelles peuvent être vécus comme un ensemble difficile à faire reconnaître lorsque les examens ne donnent pas immédiatement une explication.
Cette dimension du vécu est importante, car une liste de symptômes ne permet pas toujours de mesurer l’impact réel d’une maladie sur la vie quotidienne. C’est aussi pour cette raison que SociaLyme donne une place aux témoignages de malades de Lyme, qui permettent de comprendre les parcours d’errance médicale et la réalité quotidienne derrière les symptômes.
Brian Fallon : inflammation et manifestations neuropsychiatriques
Brian Fallon est particulièrement intéressant parce que ses travaux s’inscrivent dans la littérature scientifique consacrée aux manifestations neurologiques et neuropsychiatriques de Lyme.
Dès les années 1990, Fallon et ses collaborateurs ont étudié les manifestations neuropsychiatriques associées à la borréliose. Ils décrivaient notamment la possibilité d’atteintes du système nerveux central et périphérique.
Ses travaux ultérieurs se sont notamment intéressés à l’inflammation du système nerveux central et à son rôle potentiel dans certaines manifestations neurologiques.
Cette approche est intéressante pour comprendre pourquoi le système nerveux peut être concerné sans que toutes les manifestations puissent être réduites à une simple lésion anatomique identifiable.

Peut-on avoir des symptômes neurologiques sans avoir eu d’érythème migrant ?
Oui. L’absence d’érythème migrant ne permet pas, à elle seule, d’écarter une maladie de Lyme.
L’érythème migrant reste néanmoins une manifestation particulièrement importante à reconnaître lorsqu’il est présent. Il n’a d’ailleurs pas toujours l’apparence classique d’une cible rouge avec un centre clair. Pour connaître les différentes formes qu’il peut prendre et savoir quoi faire après une piqûre de tique, consultez notre article Érythème migrant : à quoi ressemble-t-il et que faire après une piqûre de tique ?.
Le diagnostic d’une éventuelle neuroborréliose ne repose cependant pas sur la seule présence ou absence d’un érythème migrant. Il dépend de l’ensemble du contexte clinique et, lorsque cela est nécessaire, d’examens complémentaires.
Comment diagnostique-t-on une neuroborréliose ?
Le diagnostic ne peut pas être posé à partir d’une liste de symptômes trouvée sur Internet.
Le médecin va notamment rechercher une histoire compatible avec une exposition aux tiques, analyser la chronologie des symptômes et réaliser un examen neurologique. Selon le tableau présenté, différents examens peuvent être envisagés.
Dans les formes où une neuroborréliose est réellement suspectée, l’analyse du liquide céphalorachidien peut notamment être importante, avec recherche d’une inflammation et d’éléments immunologiques compatibles avec une infection à Borrelia.
Le diagnostic doit donc être construit à partir de l’ensemble des données disponibles, et non d’un seul symptôme. Pour approfondir cette question, consultez notre article consacré au diagnostic de la maladie de Lyme.
Comment soulager les symptômes neurologiques de la maladie de Lyme ?
La prise en charge des symptômes neurologiques liés à la maladie de Lyme dépend de leur origine, de leur intensité et du contexte dans lequel ils apparaissent. Lorsqu’une neuroborréliose est diagnostiquée, le traitement médical repose principalement sur une antibiothérapie adaptée. Mais la question du soulagement des symptômes reste importante, notamment lorsque certaines manifestations neurologiques persistent ou lorsque des douleurs, des troubles du sommeil, des céphalées ou des difficultés cognitives continuent à gêner le quotidien.
Les traitements médicaux
Lorsqu’une atteinte neurologique liée à Borrelia est diagnostiquée, les antibiotiques constituent le traitement de référence. Le choix de la molécule et de la durée du traitement dépend notamment de la forme de neuroborréliose et de l’atteinte concernée.
Le traitement de l’infection et le soulagement des symptômes sont toutefois deux choses différentes. Des traitements symptomatiques peuvent également être proposés lorsque certaines manifestations sont importantes : douleurs neuropathiques, céphalées, troubles du sommeil ou autres symptômes gênants. Ils ne visent pas directement Borrelia, mais peuvent permettre de mieux vivre avec certaines manifestations neurologiques.
Et lorsque les symptômes persistent ?
Certaines personnes continuent à ressentir des symptômes après le traitement, notamment une fatigue importante, des douleurs, des troubles de la concentration, des troubles du sommeil ou différentes sensations neurologiques.
La persistance de symptômes ne permet pas, à elle seule, de conclure à une infection active. Mais elle ne peut pas non plus conclure l’inverse ! D’autres causes peuvent également intervenir et doivent être recherchées selon les symptômes : troubles du sommeil, carences, effets secondaires médicamenteux, autres maladies ou troubles neurologiques, par exemple.
Pour autant, le fait que l’origine exacte d’un symptôme persistant puisse être difficile à déterminer ne signifie pas que ce symptôme n’est pas réel ou qu’il ne mérite pas d’être pris en charge. Une approche centrée sur les symptômes peut alors être utile, en parallèle d’une réévaluation médicale lorsque cela est nécessaire.
Les plantes et les approches complémentaires
En complément de la prise en charge médicale, certaines personnes atteintes de maladie de Lyme se tournent vers la phytothérapie ou d’autres approches complémentaires pour essayer de réduire leurs symptômes ou de mieux accompagner leur organisme.
Dans l’approche phytothérapeutique de Stephen Buhner, le Gou Teng (Uncaria rhynchophylla) occupe une place particulière parmi les plantes évoquées pour les manifestations neurologiques. Cette plante, traditionnellement utilisée dans la pharmacopée chinoise, est notamment étudiée pour certains de ses effets pharmacologiques sur le système nerveux. D’autres plantes sont également utilisées dans les approches phytothérapeutiques de la maladie de Lyme, comme la griffe du chat ou la renouée du Japon. Le protocole Buhner permet d’aller plus loin sur cette approche et sur les différentes plantes utilisées selon les manifestations recherchées, notamment dans le contexte des co-infections.
Pour les personnes qui cherchent davantage à agir sur les douleurs et l’inflammation associées aux maladies chroniques, certaines plantes et certains remèdes naturels sont également explorés. J’ai notamment regroupé plusieurs de ces pistes dans mon article consacré aux plantes et remèdes naturels anti-inflammatoires.
Ces approches doivent cependant être considérées comme des pistes complémentaires et non comme des traitements dont l’efficacité dans la neuroborréliose serait établie au même niveau que les traitements médicaux recommandés. Certaines plantes peuvent par ailleurs avoir des effets pharmacologiques et interagir avec des médicaments.
L’objectif peut donc être de rechercher, avec un professionnel de santé lorsque cela est nécessaire/possible, les solutions les plus adaptées à chaque situation : traitement de l’infection lorsqu’il est indiqué, prise en charge des symptômes et, éventuellement, approches complémentaires.
Qu’en disent les malades ?
La question des symptômes neurologiques ne peut pas être réduite aux manifestations les plus facilement objectivables.
De nombreux patients décrivent un ensemble de symptômes comprenant fatigue cognitive, difficultés de concentration, brouillard cérébral, douleurs nerveuses, hypersensibilité, troubles du sommeil, vertiges ou fluctuations importantes de leur état général. Certains rapportent également des sensations neurologiques inhabituelles qui apparaissent et disparaissent ou se déplacent dans le temps.
Ces témoignages sont importants pour comprendre l’expérience vécue par les personnes concernées et pour ne pas réduire la maladie à une simple liste de manifestations médicalement faciles à mesurer.
C’est également pourquoi il est utile de distinguer le symptôme, son mécanisme supposé et son origine démontrée. Une personne peut réellement souffrir d’un brouillard cérébral ou de douleurs nerveuses sans que la médecine puisse nécessairement déterminer immédiatement leur cause.
Maladie de Lyme et symptômes neurologiques : ce qu’il faut retenir
Les manifestations neurologiques de la maladie de Lyme peuvent prendre des formes très diverses. Les tableaux les mieux établis comprennent notamment la méningite, la polyradiculite, certaines atteintes des nerfs crâniens, notamment la paralysie faciale, ainsi que d’autres atteintes neurologiques plus rares.
Les douleurs nerveuses, les fourmillements, les engourdissements et certaines sensations de brûlure ou de décharge peuvent également faire partie du tableau, tandis que les troubles cognitifs et le brouillard cérébral constituent une question plus complexe, notamment lorsqu’ils persistent après le traitement.
Les travaux de chercheurs comme Brian Fallon, les modèles intégratifs de cliniciens comme Richard Horowitz, l’approche phytothérapeutique de Stephen Buhner et les témoignages de patients comme Judith Albertat montrent que plusieurs façons de comprendre les manifestations neurologiques de Lyme coexistent aujourd’hui.
Elles ne doivent pas être placées au même niveau de preuve, mais elles peuvent être présentées côte à côte à condition de distinguer clairement ce qui est établi, ce qui est étudié, ce qui relève d’une hypothèse et ce qui relève du vécu des patients.
Enfin, des symptômes neurologiques ne signifient pas automatiquement maladie de Lyme. Ils peuvent avoir de nombreuses autres causes et nécessitent, lorsqu’ils sont nouveaux, importants ou persistants, une évaluation médicale adaptée.
Au final l’important sera de trouver ce qui soulage et permet d’améliorer sa condition de malade chronique.
FAQ — Maladie de Lyme et symptômes neurologiques
FAQ
Oui. Certaines manifestations neurologiques peuvent apparaître plusieurs semaines après le début de l’infection. Leur délai d’apparition dépend notamment de la forme de l’atteinte et de la situation de chaque personne.
Des personnes atteintes de maladie de Lyme rapportent des difficultés de concentration, une impression de « brouillard cérébral » ou des troubles de la mémoire. Ces manifestations sont toutefois non spécifiques et peuvent avoir de nombreuses autres causes. Elles doivent donc être interprétées dans leur contexte.
Oui, certaines personnes rapportent la persistance de symptômes après un traitement. Cette situation nécessite de distinguer une éventuelle infection persistante d’autres causes possibles des symptômes. Une réévaluation médicale peut être nécessaire lorsque les manifestations persistent, s’aggravent ou changent.
Certaines personnes utilisent la phytothérapie en complément de leur prise en charge, notamment dans les approches inspirées du protocole Buhner. Ces plantes ne doivent toutefois pas être considérées comme un remplacement automatique des traitements médicaux et peuvent présenter des contre-indications ou des interactions avec certains médicaments.
Non. La maladie de Lyme peut être associée à différentes formes de douleurs et toutes ne sont pas nécessairement d’origine neuropathique. La nature de la douleur peut orienter vers des prises en charge différentes.
L’apparition brutale d’un trouble neurologique important, comme une faiblesse d’un côté du corps, une paralysie faciale, des troubles importants de la parole, une confusion, une perte de connaissance ou des difficultés respiratoires, nécessite une évaluation médicale urgente. Ces symptômes ne doivent pas être automatiquement attribués à la maladie de Lyme.
Sources
Recommandations et références médicales
- Haute Autorité de santé (HAS). Borréliose de Lyme et autres maladies vectorielles à tiques (MVT) : recommandations de bonne pratique. 2025.
https://www.has-sante.fr/jcms/c_2857558/fr/borreliose-de-lyme-et-autres-maladies-vectorielles-a-tiques-mvt - Rauer S. et al. Guidelines for diagnosis and treatment in neurology – Lyme neuroborreliosis. German Medical Science, 2025;23:Doc13. DOI : 10.3205/000349.
https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12584707/ - Bushi G. et al. Lyme disease associated neurological and musculoskeletal symptoms: A systematic review and meta-analysis. Brain, Behavior, & Immunity – Health, 2025;43:100931. DOI : 10.1016/j.bbih.2024.100931.
https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC11758960/
Manifestations neurologiques et neuropsychiatriques
- Fallon B.A., Nields J.A. Lyme disease: a neuropsychiatric illness. American Journal of Psychiatry, 1994;151(11):1571–1583. DOI : 10.1176/ajp.151.11.1571.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/7943444/ - Horowitz R.I. Travaux sur le modèle MSIDS (Multiple Systemic Infectious Disease Syndrome), qui propose une approche multifactorielle des symptômes associés à la maladie de Lyme et aux maladies concomitantes. Les travaux et hypothèses de cet auteur sont présentés dans l’article comme une approche clinique spécifique, et non comme un consensus médical établi.
Phytothérapie et Gou Teng
- Uncaria rhynchophylla (Gou Teng). Uncaria rhynchophylla and its Major Constituents on Central Nervous System: A Review on Their Pharmacological Actions. Revue des travaux pharmacologiques portant sur cette plante et ses effets étudiés sur le système nerveux central.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31272356/ - Buhner S.H. Healing Lyme: Natural Healing and Prevention of Lyme Borreliosis and Its Coinfections. Ouvrage présentant l’approche phytothérapeutique de Stephen Harrod Buhner concernant la maladie de Lyme et certaines co-infections.
Témoignages et vécu des patients
- Albertat J. Ouvrage consacré à son parcours avec la maladie de Lyme et à l’errance médicale. Cette référence permet d’aborder le vécu des patients et ne constitue pas, à elle seule, une preuve scientifique des mécanismes neurologiques décrits.

Moi, c’est Greg le mec qui a créé SociaLyme. Je partage avec vous mon expérience de malade à travers des articles et des conseils sur les maladies chroniques et la santé au naturel. Mon objectif ? Tout simplement vous offrir des pistes pour mieux vivre la maladie au quotidien.










